Chapitre 8
Chapitre 8 : Sur la voie de la connaissance
Ils marchèrent tranquillement pendant plusieurs kilomètres, et alors que le soleil venait de se lever lorsqu'ils étaient partis, il se retrouvait haut dans le ciel. Il faisait chaud et ils étaient tous fatigués par cette longue marche, ils cherchèrent un coin tranquille et trouvèrent une rivière avec des arbres non loin. Ils s'installèrent avant de se préparer quelque chose à manger. Kyosuke ne savait pas trop quoi dire, il avait sans cesse observer les alentours, il avait beau essayé de se concentrer, il n'y avait que quelques images futiles qui lui étaient revenues. Ainsi, il avait de nouveau mal au crâne et appuyait sur ses tempes avec les paumes de ses mains. Il était accroupi et se tenait en équilibre sur ses pieds. Il avait tout de même été distrait : il ne savait pas pourquoi mais à chaque fois qu'il se concentrait pour essayer de reconnaître quelque chose, de se souvenir, son regard déviait inexorablement vers Rikuson. Il avait son manteau noir comme d'habitude, mais Kyosuke avait pu apercevoir des vêtements plus approprier pour leur longue route dessous. Lui ne savait pas où il allait, il devait se déplacer, voir le monde, c'est tout ce qu'il pensait.
Le conseiller retira son manteau et alla se rafraîchir à la rivière. Comme il était seul avec Belinda, celle-ci en profita pour lui demander :
-Dit, tu es sûr que c'était une bonne idée de l'emmener ?
-Oui, de toute manière sinon c'était la Reine qui venait, je ne pouvais le permettre. Et puis, je souhaitais qu'il vienne.
-Mais tu ne m'as pas dit que c'était la Reine qui te l'avait proposé et que tu avais accepté parce que c'était la seule chose à faire ?
Il lui sourit en se retournant vers elle.
-Oui, mais je souhaitais tout de même qu'il vienne. Je le lui avais demandé, et on a fait en sorte que la Reine ne le sache pas. Enfin, c'est compliqué et puis je n'ai pas envi de donner tous les détailles de la chose.
Elle parut songeuse.
-Quoi, reprit-il, tu ne l'aimes pas ?
-Ce n'est pas ça, il a l'air sympathique mais je ne sais pas, il me fait une drôle impression...
-Ne tombe pas amoureuse de lui hein ?
Comme l'expression du jeune garçon paraissait sérieuse, elle le regarda d'un air incrédule et se mit à éclater de rire, lui donnant une grande tape dans le dos.
-Non, franchement ! Arrête de penser à des choses aussi grotesque !
Il tomba en avant avec un bruit sourd. Il se releva grâce à ses mains et parut renfrogner et vexer.
-Mais quoi ? C'est possible tout de même ! De toute manière, si tu n'es pas amoureuse de lui, je te demande de ne pas l'être.
Elle se calma et sécha des larmes qui coulaient de ses yeux.
-Mais pourquoi ?
-C'est comme ça. Après il y a de nombreuses choses qui vont se compliquer.
-Bon, comme je ne comprends rien à ce que tu racontes, je crois qu'il vaut mieux parler d'autre chose.
A ce moment là, Rikuson fut de retour et remarqua avec étonnement :
-Et bien, vous n'avez rien préparé ?
Les deux jeunes gens se retournèrent vers lui et, tout sourire, ils s'exclamèrent en même temps :
-Je ne sais pas cuisiner !
Ils se regardèrent et éclatèrent de rire. Rikuson resta un peu perplexe et se passa une main dans les cheveux en les regardant. Puis, un sourire apparut sur son visage et il s'assit en tailleur à côté d'eux.
-Et bien, je crois qu'il est grand temps d'apprendre jeunes gens !
Et ils restèrent là, à se reposer et à manger pendant au moins une heure avant de repatir. Ils marchèrent quelques heures avant de faire une pause puis ils se mirent à la recherche d'un endroit sûr où dormir. Ils allumèrent un feu, et lorsque se fut le cas, Kyosuke alla se coucher et s'endormit presque immédiatement, tout comme Belinda. Rikuson, qui veillait un peu, les regarda tous les deux avec un sourire en coin.
-Et bien, ils s'entendent vraiment bien ses deux là.
Puis il se leva et s'approcha silenceusement du jeune homme endormi. Il avait une respiration égale et était sur le côté, lui tournant le dos. Délicatement, le beau brun le tourna vers lui et son compagnon eut un gémissement pleintif, mais il ne se réveilla pas. Il le contempla avec un sourire et lui souhaita bonne nuit avant de l'embrasser. Il resta là encore quelques secondes pour ensuite aller lui-même se coucher.
Plus tard, Kyosuke commença à s'agiter dans son sommeil. Il voyait quelque chose, quelque chose de terrible arrivait droit sur lui et qu'il ne pouvait arrêter. Il entendit un grand bruit et se sentit voler dans les airs avant d'attérir sur une surface dur et solide. Puis il entendit une femme et vit un visage qui n'était pas le même que celui qu'il avait déjà vu auparavant dans l'un de ses flashs. Alors qu'il se tournait et que de la sueur perlait son front, il murmura quelques paroles dans son sommeil, sans s'en apercevoir :
-Maman...non...je suis là...accident...
Puis quelque chose apparut qu'il avait déjà ressentit et même déjà vu. C'était la femme lumineuse qu'il c'était rappelé tout de suite en se réveillant ! Elle chassa toutes les images et tous les bruits affreux qu'il ne cessait d'entendre et qui le terrorisait. Surpris, il se dirigea vers elle.
-Je vous ai déjà vu ! Je ne comprends pas ce qui s'est passé mais ça a quelque chose en rapport avec vous non ? Qui êtes-vous ? C'est bien vous qui m'avez dit «Sauve-le» ? Mais sauver quoi ?
Elle resta silencieuse. Kyosuke serra les dents et les poings jusqu'à ce que ses jointures prennent une couleur blanche.
-Bon sang, mais qu'est-ce qui se passe à la fin ? Qu'est-ce que c'est que ses souvenirs ? Est-ce vraiment des souvenirs ou même mes souvenirs ? Répondez-moi !
C'était plus une demande qu'une obligation. Elle sembla sourire et hocha la tête. Ils étaient dans un univers blanc et d'un coup, un paysage apparut sous leur pieds. Elle désigna les différents territoires et enfin, parla avec une voix douce et claire qui faisait écho.
-Très bien, je vais te dire ce que tu dois savoir. Mais dès que je prends la parole, tu ne dois pas m'intérompre, car sinon je disparais et je ne peux reprendre contacte avec toi que dans plusieurs jours. Comme tu peux le voir, il y a différents pays plus ou moins gros. Je crois que tu as eu la connaissance de tous les noms mais laisse-moi te les rappeler : Louros, Sylvidia, Tanna, Cotoma, Mélo et les Terres inconnues de Nébros. Je suis le fruit d'un puissant et ancien sort, effectuer par la maîtresse des esprits. Mon but est de trouver une personne dont le destin est de sauver le peuple d'Arinna. Tu as été désigné comme tel. Je sais que tu te demandes de pourquoi, qu'est-ce que tu dois sauver et comment, coupa-t-elle alors qu'il ouvrait la bouche pour parler, mais tu devras le découvrir par toi-même. Et lorsque le moment sera venu, je t'aiderais. Pour le moment, je peux seulement te dire que tu n'es pas né sur ces terres. Le sort qui m'a crée était très puissant, j'ai pu déplacer ta conscience et l'amenée matériellement ici.
Elle sembla écouter quelque chose et hocha la tête, comme si elle était d'accord avec les paroles de quelqu'un. Kyosuke tendit l'oreille mais n'entendit rien. Mince, pourquoi ne pouvait-il parler ? Il avait tellement de questions ! Surtout que ses paroles étaient réellement insensées ! Mais d'où venait-il réellement ? Et cette épée, que signifiait-elle ? C'était sûr : il n'avait jamais manié une épée de sa vie. Mais alors, comment pouvait-il connaître autant de choses ? Elle reporta son attention sur le jeune homme et sembla sourire. La lumière qu'elle dégageait semblait sestomper.
-Je ne peux rester plus longtemps, cela risquerait d'être dangereux pour toi. Je reprendrais contacte avec toi prochainement, et je répondrais à tes questions. Néanmoins, il y en a certaines auquelles je ne pourrais répondre, et dans ce cas là tu devras trouver la réponse par toi-même. Tu le sauras, Kyosuke, en temps voulu.
Ne pouvant plus retenir sa langue, celui-ci s'exclama :
-Mais attendez ! Et cette épée, et tout ceci...je ne comprends rien !
-Tu sauras, dit-elle doucement, sa voix devenant de plus en plus lointaine, tu le sauras en temps voulu, et tu comprendras. A bientôt, et fait bien attention aux alentours pendant les prochains jours de ton voyage...
-Attendez !
Il essaya de la prendre par le bras mais elle disparut et il se réveilla en se redressant, la main diriger vers le vide. Sa respiration était forte et il avait chaud. Il regarda autour de lui, avalant difficilement sa salive. Il avait la gorge sèche et le feu était presque éteint. Il alla chercher quelques branches pour le raviver puis il marcha jusqu'à un point d'eau qui n'était pas très loin de leur campement. Il retira son haut et il trouvait que sa beau blanche brillait presque sous le clair de Lune. Il but l'eau fraîche et s'arrosa le visage.
Il regarda la Lune d'un air inquiet : ce qu'il venait de vivre n'était pas seulement un rêve...il ne venait vraiment pas d'ici, il s'en doutait. Que faire dans ce cas là ?
Il entendit des pas étouffer par l'herbe derrière lui et se retourna d'un seul mouvement, le coeur battant. En voyant la personne derrière lui la pression qu'il ressentait se relâcha et il mit une main sur son coeur en poussant un soupir de soulagement : ce n'était que Rikuson. Quoi que...ils étaient seuls, Belinda dormait et ça faisait longtemps qu'ils n'avaient pas été tous les deux. De plus, le sourire penaud qu'affichait Rikuson faisait penser à Kyosuke que ses soupçons s'avéraient exactes. Il mit ses mains devant lui, comme pour l'empêcher de s'approcher de lui.
-Euh...écoute, je n'ai pas trop la tête à ça là...
Toujours son sourire sur les lèvres, il s'avança tout de même, lentement.
-Et pour quelle raison ? Je ne te manque pas ? Tu ne veux vraiment pas de moi ?
Le jeune homme rougit, détourna le regard et semblait baisser sa garde.
-Ce n'est pas ça mais...je viens juste de faire un cauchemard très étrange.
Sa voix était faible et timide. En deux secondes, Rikuson c'était agenouillé en face de Kyosuke et l'attirait à lui par le bras pour l'embrasser. Il prit une voix sensuelle après lui avoir offert un tendre baiser :
-Alors, laisse-moi t'aider à l'oublier.
Kyosuke regarda Rikuson dans les yeux : ceux-ci ressortaient de la nuit grâce à la lumière de la Lune. Il était encore plus beau qu'à l'accoutumer. Il le tenait près de lui en lui empoignant doucement mais fermement les bras. Ses mains étaient chaudes et bientôt Kyosuke ne put continuer à soutenir le regard bleu de son amant.
-D'accord, dit-il d'une voix à peine perceptible.
-Gentil garçon, fit-il avec un sourire redoublée sur ses lèvres.
Leurs langues se mélangèrent et Rikuson étendit son compagnon sous lui, sur l'herbe fraîche. Il lui retira son pantalon et ils firent l'amour avec passion. Alors qu'ils venaient de jouir, leurs corps en sueurs l'un sur l'autre et leur respiration alletante, Kyosuke ne pensait plus à son rêve/cauchemard. Il regardait le ciel étoilé, Rikuson dans ses bras, ses jambes l'entourant. Il était bien ainsi, et aurait voulut que ça dur toujours. Mais bientôt il repensa à tous ce qu'il avait appris et une vague de tristesse s'empara de lui.