Chapitre 11

Publié le par Allen-kun

Chapitre 11 : Mais qui est-il ?


Kyosuke se sentit se réveiller et quitter son profond sommeil . Comme s'il avait été en létargie, il se redressa en prenant une gross goulée d'air. Il transpirait beaucoup et son coeur battait la chamade. Pourtant, il ne se souvenait pas avoir fait un cauchemard. Ah oui...c'était lui. Il lui avait fait une si forte impression, mais pourquoi ? Etait-ce vraiment la personne qu'il devait sauver ? Pourtant il semblait qu'il pouvait se débrouiller tout seul. Décidemment, il n'y comprenait rien, et la femme luminuse n'était pas venue le voir dans son rêve pour lui éclaircir les idées. Il mit une main sur son oeil droit qui l'élançait encore et serra les dents. Comment pouvait-il le sauver alors qu'il était sans cesse malade pour on ne sait quelle raison ?


-Tu es Kyosuke Yotsuba n'est-ce pas ? Tu es réveillé ?


Cette voix froide...il se retourna d'un seul mouvement vers sa provenance, sur la défensive et découvrit l'homme aux cheveux blancs argentés, le dos contre l'encadrement de la porte. Celui-ci le regarda de ses yeux gris et soupira avant de fermer la porte derrière lui et de s'approcher de son lit. Kyosuke ne se sentait pas bien, il ressentait une forte tension au plus profond de lui-même.


-Calme-toi, tout va bien.


-Mon nom...


-Quoi ? Parle plus fort, je n'entends pas.


-Mon nom...est Yotsuba ?


-Tu ne le savais pas ? Lui demanda-t-il avec une surprise non dissimulée dans son regard.


-J'ai...j'ai perdu la mémoire...je me suis souvenu de certaines choses, mais je ne connaissais pas encore mon nom...


Le garçon garda le silence quelques instants, il semblait réfléchir. Il s'assit sur une chaise non loin et posa ses coudes sur ses genous, laissant ses mains tombées entre ses jambes. Il le regarda avec gravité.


-Tu connais aussi mon nom n'est-ce pas ?


-Tenessi Kaloï...c'est ça ? Comment se fait-il que nous connaissions nos noms sans que l'on se soit rencontrer auparavant ? Pourquoi ai-je ressentis un tel choc en te voyant ?


-Je ne connais pas toute l'histoire moi non plus...mais nous avons ressentis la même chose non ? Je pense que seulement j'étais plus résistant que toi à ce choc. Par contre, pourquoi nous nous connaissons sans nous connaître, je ne le sais pas. Nous avons un lien, c'est indéniable, tu as dû le deviner aussi, mais apparemment tu n'en sais pas plus que moi.


-En fait...je crois que je...dois te sauver.


Tenessi le regarda avec stupéfaction. Kyosuke pensait qu'il allait se moquer de lui et rougit, mais il n'en fit rien, il resta plutôt froid.


-Ca serait donc toi...je ne pensais pas qu'on allait m'envoyer une personne dans ton genre.


-Je... ! Non, tu as raison, fit-il en soupirant, je parais bien minable à côté de toi.


-Aller, ne sois pas déprimer, si on t'a envoyé, c'est parce que tu as de la valeur. Je pense que tu ne maîtrises pas encore toutes tes capacités. Tu t'es souvent battu ?


-Et bien non, à vrai dire. Je me suis un peu entraîné et je n'ai fais véritablement que deux combats. Mais je sais que je ne suis pas normal. J'arrive à manier une épée avec abilité alors que je suis certain que je n'avais jamais touché une arme avant.


-Je crois que, pour mener à bien ta mission, on t'a donné l'essence même d'un guerrier : l'abilité et la force.


-Quoi ? On me l'aurait donner ? Mais qui ? Je ne comprends rien.


-Moi non plus.


Quelqu'un frappa à la porte et ils se tournèrent d'un même mouvement vers celle-ci, attendant de voir qui était le visiteur. Rikuson fit son apparition un plateau à la main remplit de nourriture et de boissons, suivit de Belinda. Kyosuke sourit lorsque celle-ci se mit à genoux devant son lit, lui attrapant la main et mettant à plat devant lui son inquiétude et sa frustration. Le conseiller restait à l'écart, le regard détourner et étonnement froid. Jaloux ? Le jeune homme le remarqua et lui adressa un doux sourire.


-Désolé de t'avoir inquiété aussi Rikuson, merci d'avoir veillé sur moi, encore une fois.


Il l'observa quelques instants avant de soupirer, posa le plateau sur sa table de chevet et glissa une main dans les cheveux du jeune homme en le regardant dans les yeux.


-Imbécile, je veillerais sur toi autant de fois qu'il le faudra.


Il sentit les larmes lui embrumer la vue.


-Merci...


Remarquant que l'atmosphère changeait tangiblement, Tenessi décida de se retirer, emmenant Belinda malgré elle.


-Mais...! Je veux lui tenir companie !


-Tais-toi et laisse les.


Ses paroles avaient été sans appelles. Elle ne sut que répondre et, récalcitrante, quitta la pièce. La porte se ferma derrière eux et ils furent seul. Kyosuke mit sa main sur celle de son amant qui se trouvait toujours dans ses cheveux, près de sa joue et laissa ses larmes coulées. Rikuson soupira et l'attira contre lui pour le consoler.


-Allons, ça serait plutôt à moi de faire ça. Je vais vieillir avant l'âge à force de m'inquiéter pour toi à longueur de journée.


-Je...je suis désolé Rikuson !


-Kyosuke...se n'est pas de ta faute. Calme-toi et arrête de pleurer.


-Rikuson...je ne suis pas de ton monde !


-Quoi ? Demanda-t-il, ne comprenant pas sur le cou le sens des paroles de son compagnon.


Les yeux remplis de larmes, le jeune homme s'écarta de son étreinte pour le regarder. Ils étaient à la même hauteur, Rikuson était agenouillé à côté du lit alors que Kyosyoke c'était assi à son bord. Il baissa les yeux et tenta de reprendre le contrôle de sa voix sans grand succès.


-Je...je ne sais pas vraiment d'où je viens, mais ce n'est certainement pas de ce monde, de ce pays ou même de cette époque...je ne suis pas quelqu'un de normal ! Je dois sauver quelqu'un, je le sais, c'est ce pourquoi on m'a emmené ici...cette personne est Tenessi, mais je ne sais pas quoi faire...j'ai peur de devoir te quitter et de te perdre ! Rikuson tu sais je...je...je t'aime !


Rouge, il allait de révélation en révélation. Rikuson, ne sachant que faire et comment réagir, le regardait avec un manque d'expression assez inquiétant. Il était sous le choc. Après quelques secondes, un sourire presque invsible se dessina sur ses lèvres.


-Tu peux me...répéter...tes derniers mots ?


-Quoi ? Fit l'autre entre deux hoquets.


-Qu'est-ce que...tu viens de dire, à l'instant ?


-Je...je t'aime, répéta-t-il doucement, le regard fuyant et le visage d'une rougeur tenace.


Rikuson sourit de plus belle et se jeta presque sur Kyosuke pour voler ses lèvres. Le jeune homme, les yeux grands ouverts par la surprise, essaya de s'écarter pour lui demander :


-Mais...? Rikuson ! Qu'est-ce que tu fais ?


-Je te l'ai dis non ? Je ne te rejetterais jamais. Et c'est la première fois que tu dis que tu m'aimes...je suis heureux, c'est tout.


-Rikuson...


Une larme, mais de joie cette fois, longea sa joue déjà mouillée. Ils s'étreignèrent, simplement heureux pour le moment. Le conseiller lui intima à l'oreille :


-Je ferais tout pour qu'on reste ensemble...tu me fais confiance ?


-Oui...toujours.


Il s'embrassèrent avec passion et firent l'amour avec une nouvelle fougue avant de retourner voir les autres pour prendre une décision de la prochaine étape. Apparemment, Tenessi savait qu'il fallait aller sur les terres où personne n'était allé depuis des lustres : les terres inconnues de Tenebros. Kyosuke ne connaissait pas le pays et ne réagit pas, mais il remarqua que tous étaient sensiblement tendus.


-Et bien quoi ? Qu'est-ce qu'il y a de spécial là-bas ?


-Ah oui, c'est vrai, tu ne sais pas toi, dit simplement Tenessi. Et bien, personne n'y est allé depuis des siècles, on dit que ces terres sont remplies de monstres à l'éffigie de leur maître, Tenebros lui même. Il doit avoir des milliers d'années et est un maître de magie noire.


-Quoi ? Et il faudrait aller là-bas ?


-Oui, je crois qu'il manigance un sale tour, fit-il en ochant la tête.


-Mais comment sais-tu tout ça ?


-C'est un secret.


Son expression ne changea nullement et tous écoutaient l'échange avec attention. Belinda, elle, ne savait que faire. Elle avait accompagné Kyosuke jusque là, mais si elle devait les joindre pour aller vers Tenebros, sa vie serait sévèrement mise en danger. Etait-elle prête pour faire un si gros sacrifice ? Pouvait-elle reculer et le laisser ? Les deux réponses étaient négatives, mais comment faire alors ? Elle n'arrivait pas à se décider. Rikuson le remarqua, Kyosuke aussi. Ils parlèrent encore un peu avant de vaquer à leurs occupations. Kyosuke en profita pour parler tranquillement à la jeune fille.


-Tu sais, je t'ai vu tout à l'heure, tu paraissais vraiment mal. Je crois deviner pourquoi, j'y ai réfléchi et je me suis dit que c'était peut-être à cause de moi ?


-Et bien...oui et non...ce n'est pas ta faute...je ne sais pas quoi faire.


Il lui mit une main sur l'épaule, compatissant, et lui offrit un doux sourire.


-Tu n'es pas obligé de m'accompagner, Belinda. Au contraire, je serais même soulager que tu ne viennes pas, je ne voudrais pas que tu meures par ma faute.


-Mais...je m'en voudrais ensuite...dit-elle en pleurant, accabler.


-Tu n'as pas de raison, je suis sûr que des gens t'attendent près du château...quelqu'un doit attendre ton retour.


C'est vrai, elle devait rejoindre les enfants qui vivaient avec presque rien. Elle avait également commencée à voler pour eux, pour leur survie. Elle les avait confié à un ami, mais ce n'était que temporaire. Comment allaient-ils survivre si elle n'était plus là ? Elle pleura de plus bel et serra les poings, les bras le long de son corps.


-J'ai raison, n'est-ce pas ? Alors voilà, je te fais cette demande : ne nous accompagne pas. Bien que tu sois forte, je t'en pris, ne nous accompagnes pas...


-D'accord...cèda-t-elle, tout de même à contre coeur, la voie tranblante.


-Merci.


Il l'enlaça pour lui montrer sa gratitude et son soutient, avant de séloigner. Il tourna à un angle d'un couloir et une voix l'interpella.


-Alors, elle ne viendra pas ?


Rikuson était adossé au mur, les bras croisés, un air grave sur le visage. Le jeune homme soupira.


-Non. Comme je le pensais, elle n'était pas prête à risquer sa vie. Nous n'avons pas une relation aussi poussée pour qu'elle le fasse. Je l'ai donc décidé à rentrer. Je me dis que je ne veux pas que tu risques ta vie pour moi aussi, mais ça ne servirait à rien non ?


Le conseiller s'approcha, un petit sourire aux lèvres. Il prit entre ses doigts le menton de son compagnon pour échanger un regard passioner.


-Bien évidemment.


Et ils s'embrassèrent avec passion, leurs langues se joignirent presque instantanément. Quelqu'un s'approchant d'eux, ils se séparèrent à contre coeur avant de se diriger de nouveau vers les chambres. Kyosuke pensait beaucoup à la suite des évènements. Il leur fallait à présent se diriger vers la mer, trouver un port et prendre un bateau pour aller le plus près possible de Tenebros. Il fallait aller sur la partie ouest de la plus grande île d'Arinna : Louros. Le voyage serait long et sûrement coûteux. Heureusement, il leur restait encore pas mal d'argent en poche, les brigands n'ayant pas eu la possibilité de le récupérer. Il se demandait également si Belinda pouvait rentrer seule. Elle y arriverait, c'était certain, ils n'étaient qu'à quelques jours de marche après tout, mais il ne pouvait s'empêcher d'être inquiet. Ayant déjà rempli leur sac de vivres, ils n'attendaient plus que le lendemain pour partir. Le jour à peine lever, ils devraient être prêt. Ils discutèrent ensemble, Tenessi un peu à l'écart car préférant la sollitude, Belinda un peu déprimer mais essayant tout de même de profiter jusqu'au dernier moment de la présence de ses compagnons. Ils jouèrent à une sorte de jeu de carte avant que chacun ne retourne dans sa chambre. Tenessi était retourné chez lui et cette fois, ils étaient tous dans la même chambre. Il n'y avait qu'un seul lit mais il était vraiment immence et on pouvait facilement y dormir à quatre. Kyosuke alla se coucher le premier, suivit de Rikuson qui en profita pour s'installer à côté de son bien aimé. Les deux autres les rejoignirent peu de temps près. Rikuson faisait dos aux autres et on ne pouvait donc pas voir qu'il enlaçait le jeune homme. Celui-ci s'était blotti contre lui, la tête sur le bras de l'autre. Le conseiller le contempla grâce à la faible lueur de la Lune avant de l'embrasser.


-Bonne nuit, lui murmura-t-il à l'oreille.


-Hummm...


Il était déjà presque endormi. Le conseiller sourit de dépit face à ce visage si mignon. Il serra un peu plus le jeune homme contre lui et pensa à lui même dans ses rêves.

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